Avez-vous entendu parler du projet Voie Urbaine Sud ? Et si tel est le cas, savez-vous en quoi il consiste ?
Situé à la sortie sud de la ville de Nîmes, au niveau de la route d’Arles, ce projet s’inscrit dans une perspective de faciliter la circulation des véhicules jusqu’au stade Kaufmann en créant une 2×2 voies et un rond-point. Sur le papier, l’initiative vend du rêve. Qui refuserait de gagner du temps en évitant de faire un détour pour atteindre son but ?
Cependant, toute promesse un peu trop parfaite dissimule presque toujours un certain coût. Et dans le cas présent, il ne s’agit pas d’un coût financier. En toute ignorance du grand public, les travaux sont déjà bien avancés. Toutefois, si l’appel de la curiosité vous motive à vous rendre dans cette zone, difficilement accessible pour les piétons, vous vous retrouverez face à un no man’s land boueux dominé par le vide. Plus aucun arbre, plus aucune faune ni flore. Les seuls êtres que vous y rencontrerez seront les machines froides : tractopelle, bulldozer et leurs conducteurs. Une nature morte, au sens littéral. On est bien loin d’un rêve.




La construction de cette 2×2 voies entourée de bassins de rétention et de ce rond-point correspond à la destruction de nombreux habitats naturels. Il s’agira d’une nouvelle source de bruit, de lumière et de pollution, mais également d’une zone inondable qui nuira à la biodiversité mais également aux riverains. On dit adieu aux écureuils, aux oiseaux ou encore aux hérissons et on dit bonjour au doux bruit du klaxon le matin et le week-end. Pour les fumeur.euses, plus besoin de cigarettes avec ce qui sortira des pots d’échappement des voitures et des nombreux camions qui passeront sur cette nouvelle route, devant chez vous.
C’est en raison de ce genre de projet que la frontière entre fiction et réalité se brouille et que les films comme Wall-e et Soleil Vert deviendront un quotidien inéluctable. Il n’existe qu’une seule Terre qu’il s’agirait de préserver. Il faut se questionner : Est-ce une nécessité et un besoin essentiel de gagner cinq minutes sur une route ? Car ces quelques minutes gagnées sur l’instant sont l’équivalent d’une dizaine d’années de perdues sur notre avenir.
70 arbres ont déjà été abattus en septembre et bien d’autres sont encore dans le viseur du projet, notamment des platanes centenaires situés au Stade de l’Assomption. Les membres des associations Mémoire Verte, Nîmes en transition et du Groupe National de Surveillance des Arbres redoutent que d’autres arbres tombent encore puisqu’iels ont identifié la présence de nombreuses incohérences dans le dossier d’enquête du projet public. D’un côté, y figure la promesse de conserver l’alignement des arbres, et d’un autre, est demandée l’autorisation de les abattre tous. Dans l’attente d’avoir le fin mot de cette histoire, ces associations agissent dans le but de protéger notre écosystème, notre biodiversité, notre environnement et nous-même de notre désir d’aller “toujours plus vite” et d’avoir “toujours plus” qui va à l’encontre de la nature.
Découvrez également le podcast « Les Voix du Dehors : La Voie Urbaine Sud, une biodiversité en danger »
Texte et photographies de Laura Bouyamarden